Quelles sont les perspectives pour les prix de l’énergie à l’horizon 2030 ?
Ce que vous devez retenir
Les cinq prochaines années seront marquées par une évolution des fondamentaux du marché et par des divergences croissantes entre les marchés de l'énergie et du CO₂. Un dollar structurellement plus faible et une inflation croissante détermineront le contexte macroéconomique, tandis que les prix du pétrole et du gaz afficheront une tendance à la baisse en raison d'une offre abondante et d'une capacité croissante en GNL. Dans le même temps, les droits d'émission et les prix de l'électricité évoluent dans la direction opposée, sous l'effet de politiques restrictives, de la hausse des coûts du CO₂ et de l'électrification croissante.
Pour les entreprises, cela signifie un terrain de jeu plus complexe, mais aussi plus stratégique, en matière d'achat d'énergie et de gestion des risques. Dans cet article, nous expliquons plus en détail les principaux facteurs et implications.
Le contexte macro-économique
Le dollar américain ne s'est pas redressé après la forte baisse enregistrée au début du deuxième mandat de Donald Trump. Les baisses de taux d'intérêt décidées par la Fed et l'expansion budgétaire accentuent la faiblesse du dollar. Malgré la guerre commerciale et les incertitudes géopolitiques, le dollar reste sous pression en raison des déficits structurels aux États-Unis et de la préférence du gouvernement pour une monnaie faible. Cela entraîne une hausse de l'inflation aux États-Unis, qui devrait encore s'accentuer en 2026. Pour l'Europe, cela se traduit par un euro relativement fort, ce qui peut réduire les coûts d'importation de l'énergie, mais influence également la position à l'exportation.
Quelle sera la tendance des prix du pétrole ?
Depuis le printemps 2025, le prix du Brent oscille entre 60 et 70 dollars le baril, à l'exception de brèves flambées géopolitiques. Les facteurs fondamentaux sont clairement baissiers : l'OPEP+ augmente fortement sa production, tandis que la demande ne progresse que modérément. La Chine, en particulier, a déjà considérablement reconstitué ses stocks de pétrole en 2025. Le Brent devrait évoluer vers 60 dollars le baril, à moins que des tensions géopolitiques (notamment autour de la Russie) n'entraînent des hausses de prix temporaires. À plus long terme, les risques semblent principalement à la baisse, ce qui pourrait soutenir la reprise de l'économie mondiale à partir de 2027.
Évolution attendue des prix du gaz naturel
Les prix du gaz européen baissent lentement en raison de l'augmentation des approvisionnements en GNL en provenance d'Amérique du Nord et de la faiblesse de la demande asiatique. Les stocks de gaz en Europe restent inférieurs à leur moyenne d'avant la crise, ce qui maintient les prix proches de la parité avec le pétrole pour le moment. À partir de cet hiver, dans des conditions météorologiques normales, un excédent est attendu en raison des importations record de GNL, ce qui pourrait faire baisser les prix sous la barre des 30 €/MWh au deuxième trimestre 2026 et même vers 20 €/MWh en 2027 et au-delà. La croissance de la capacité de GNL aux États-Unis, au Qatar, au Canada, en Afrique de l'Ouest et au Mexique augmentera encore l'offre. Cela pourrait entraîner des baisses temporaires des prix jusqu'au niveau des coûts marginaux du GNL américain, surtout si la demande en Europe et en Asie ne reprend pas assez rapidement. Pour la Belgique, cela signifie que le prix du gaz sera structurellement plus bas dans les années à venir, mais qu'il restera dépendant des développements mondiaux et des conditions météorologiques.
Comment évolueront les prix de l'électricité ?
Les prévisions relatives au prix de l'électricité ont été légèrement revues à la hausse, sauf pour la France. En Belgique, les prix augmentent en raison de la fermeture des centrales nucléaires (seules deux resteront opérationnelles à partir de 2026), ce qui rend le pays plus dépendant des centrales à gaz et des importations en provenance des pays voisins. Les importations françaises pourraient toutefois être limitées par les contraintes du réseau. La hausse des prix du CO₂ est le principal facteur à l'origine de l'augmentation des prix de l'électricité ; en 2030, plus de la moitié du coût de l’électricité sera déterminé par le CO₂. La croissance des énergies renouvelables se poursuit, mais nécessite davantage de flexibilité et de stockage pour maîtriser la volatilité. La demande en électricité augmente principalement en raison des centres de données, des transports et du chauffage. Le soutien politique reste essentiel pour faciliter cette croissance. En Belgique, les prix de l'électricité devraient rester plus élevés qu'en France dans les années à venir, avec un prix spot moyen atteignant 86 €/MWh en 2026 et environ 78 €/MWh d'ici 2030.
Et les droits d’émissions de CO2 (EUA) ?
À partir de 2026, une hausse significative du prix des droits d'émission européens (EUA) est attendue. Le marché se resserre en raison d'une réduction du plafond d'émissions (facteur de réduction linéaire), de la suppression des enchères pour le Fonds social pour le climat, de la fin des ventes REPowerEU et de la suppression de l'exonération partielle des droits d'émission pour le transport maritime. Dans le même temps, la reprise de l'activité industrielle et une croissance des énergies renouvelables inférieure aux prévisions entraîneront une légère augmentation des émissions. Les récentes hausses de prix sont principalement dues au fait que les acteurs du marché anticipent ce resserrement de l'équilibre du marché. La demande supplémentaire provenant du transport maritime et aérien renforcera encore la tendance à la hausse des prix. Pour les entreprises soumises au système ETS de l'UE, cela signifie que les coûts liés aux émissions de CO₂ pourraient augmenter considérablement dans les années à venir.
Conclusion
Les prix de l'énergie en Belgique resteront volatils dans les années à venir. Les prix du gaz affichent une tendance à la baisse, tandis que les prix de l'électricité augmentent légèrement en raison de la sortie du nucléaire et de la hausse des coûts du CO₂. Ces coûts du CO₂ augmentent considérablement en raison d'un marché EUA qui continue de se resserrer. Les développements internationaux et le durcissement de la réglementation continuent de dicter la direction du marché de l'énergie.
Il est essentiel pour les entreprises de s'adapter avec souplesse à ces changements et d'anticiper les fluctuations des prix en temps utile.
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